Albert Blondel est un haut fonctionnaire, satisfait de lui et de son parcours de vie. Il se permet quelques écarts conjugaux ? Pas grave ! Mais un jour, le doute s’insinue... et si sa femme en faisait autant ?
Une satire aussi drôle que mordante, qui mêle comédie de mœurs et réflexions sur les relations humaines dans un style brillant et percutant.
Faut-il le rappeler ?
Sacha Guitry est une figure emblématique du théâtre français.
Auteur et metteur en scène de plus de cent pièces, dont certaines sont devenues mythiques, réalisateur de trente-six films, il a incarné l’esprit français vif, élégant, caustique de la première moitié du XXe siècle.
Ses pièces sont des comédies – Sacha Guitry revendiquait le plaisir de faire rire – mais qu’on ne s’y trompe pas : la plupart d’entre elles sont des sortes de farces raffinées, des satires, qui masquent une observation aigüe de la société, de l’âme humaine et de ses comportements. Derrière des dialogues incisifs, derrière l’apparente frivolité d’une société bon chic-bon genre, il y a une critique d’une ironie féroce, mêlée d’une certaine compréhension amusée pour les personnages pris dans les paradoxes d’un égo incontrôlé.
Avec le raz-de-marée culturel des années 60–70, on a voulu cataloguer Guitry dans le registre des amuseurs superficiels d’une société surannée. Mais réduire son œuvre à de simples comédies de boulevard, voire de cocufiage, serait passer à côté de la profondeur psychologique qu’elle recèle le plus souvent.
Les dessous de la légèreté
Depuis l’Antiquité, la jalousie a été un sujet régulièrement abordé par les auteurs dramatiques, des plus illustres aux plus méconnus, sous forme de farce ou de comédie, de drame ou de tragédie.
La pièce de Guitry est un subtil mélange de drôlerie et de sérieux. Son postulat est apparemment simple : et si la jalousie n’était pas la conséquence d’une trahison mais la cause !!?? À partir de cette réflexion, Guitry plonge dans les méandres du doute, de l’auto-persuasion, bref dans le pouvoir du subconscient, et engage son personnage dans une série de situations qui l’emmènent dans une paranoïa aussi burlesque que révélatrice.
Voilà une pièce qui peut, tout en faisant rire, alimenter toutes sortes d’études psychologiques sur la puissance de l’imagination et l’ambiguïté de la vérité, sur l’auto-sabotage et la fragilité des rapports humains, sur la toxicité du soupçon et du besoin obsessionnel de contrôle...
Michel Fau le Retour !
Michel Fau est une personnalité hors normes qui occupe une place à part dans le monde théâtral français. Il revendique un théâtre où la farce et la tragédie se rejoignent, un théâtre libre, dégagé des catégories dans lesquelles on veut l’enfermer. Il aborde les grands classiques comme les œuvres « oubliées » du Boulevard avec une approche qui lui permet de mettre en lumière leur sens fondamental, à sa façon et en dehors des modes en vigueur. Il ne craint pas la démesure, il ne cherche pas à moderniser les auteurs, mais avec son esthétique si particulière et son style personnel, il veut rendre hommage à ceux qu’il considère comme des maîtres. Sans céder artistiquement à une « normalité triomphante » et sans pour autant revendiquer une originalité de principe. « Il y a un fin lettré en lui, un cœur sensible, un esprit érudit. Tempérament tragique, il est aussi un grand clown, un facétieux, un trublion. À chaque fois il étonne. » (Le Figaro)
Après Le Misanthrope (2015) et Lorsque l’Enfant paraît (2024), il revient avec une pièce dans laquelle on peut retrouver son credo : « Le théâtre ne doit ni donner de leçon ni imposer une réponse. Il doit interroger, déplacer, troubler – et parfois faire rire, même au cœur du tragique. »